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A cerclé. Histoire véridique d’un symbole

Direction éditoriale : les Iconoclastes, Paris, Editions Alternatives, 2009

Yann, le vendredi Février 2010

Inscrit à la craie sur les trottoirs, peints à la bombe de peinture sur les murs, tracé au feutre dans les toilettes publiques… Le A cerclé, dont chacun sait plus ou moins qu’il est un symbole de l’anarchisme, est tellement banalisé qu’on en a oublié l’origine. Cet ouvrage traduit de l’italien, richement documenté, à l’iconographie profuse, en retrace l’histoire. Et il est très intéressant de constater que ce signe n’est aucunement le résultat d’une "génération spontanée", mais qu’il a été au contraire très rationnellement pensé, de la même manière qu’un graphiste ou un publicitaire pense un logo.

C’est la cellule parisienne du mouvement anarchiste qui propose dans le Bulletin des Jeunes Libertaires en avril 1964 l’adoption de ce symbole en ces termes : "deux motivations principales nous ont guidés : d’abord faciliter et rendre plus éfficace les activités pratiques d’inscriptions et affichages, ensuite assurer une présence plus large du mouvement anarchiste aux yeux des gens, par un caractère commun à toutes les expressions de l’anarchisme dans ses manifestations publiques" (p. 6). L’idée ne rencontrera dans un premier temps que peu de succès.

Il sera finallement repris par le Gioventu Libertaria de Milan. Il commence alors à se répandre. En 1971, le graphiste Gianni Bertolo en fait le symbole-titre d’une revue. À l’époque, le A est strictement inscrit dans le cercle. Les Autonomen allemands l’adapteront, en faisant déborder le A du cercle C’est sous cette forme qu’on le retrouve chez les punks anglais, et aujourd’hui jusque dans la haute couture !