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Big L - Lifestylez Ov Da Poor & Dangerous

Dirt Noze, le dimanche Janvier 2012

Né en 1974 et abattu de 9 balles dans le corps en 1999 à l’âge de 24 ans, Big L, originaire d’un des quartiers les plus durs de Harlem appelé "The Danger Zone", est peu connu du grand public mais largement célébré par ses pairs. il s’agit clairement d’une des légendes du Hip-Hop new-yorkais. Après ses premiers pas en featuring comme sur le titre de Lord Finesse Yes You May Remix puis un single en son nom, Devil’s Son, Big L sort en 1995 son premier et dernier album [1] Lifestylez Ov Da Poor & Dangerous. L’album est un echec commercial mais sera un énorme succès critique et underground. Les paroles du rappeur, particulièrement violentes et crues, l’empêchent alors de passer en radio et d’accéder au succès.

Rappeur à l’egotrip pur et dur, Big L possède un flow sec et chirurgical impressionnant de précision qu’il impose tout du long de l’album, porté par une voix nasillarde et tranchante comme une lame de rasoir. Les beats de l’album (produit par Buckwild, Craig Boogie, Kid Capri, Lord Finesse et Showbiz), classiques du son new-yorkais early 90’s, sont secs et funky, le tout relevé avec des samples jazzy : Des lignes de contrebasses lourdes et rondes sur lesquelles hurlent des cuivres affolés pendant qu’une caisse claire, placée très avant, marque le temps.

I got the wild style, always been a foul child

Le single de l’album est le très efficace et funky Put It On : porté par un hook bouillant de Kid Capri qui chauffe la foule, Big L lache un egotrip rageur aux punchlines hardcore pleines d’humour noir. (Vous pouvez trouver les lyrics avec leur traduction française par ici)

Big L - Put It On

On trouve également sur l’album, le terrible All Black à la contrebasse vrombissante, et surtout Da Graveyard, un excellent posse cut de 5:24 sur lequel croisent le fer Big L (en premier), Lord Finesse, Microphone Nut, le jeune Jay-Z (à 2:50) au top de sa forme (bien avant qu’il ne s’affaisse sur son trône, on rappe mieux le ventre creux), Party Arty (de Ghetto Dwellaz) et Y.U.

Big L s’est fait également une solide réputation de freestyler où le rappeur de Harlem est particulièrement à l’aise et unstopable. Ici, encore une fois avec Jay-Z qui shine comme jamais, pour un freestyle ahurissant devenu culte.



[1De son vivant en tout cas. On trouvera évidemment les traditionnels albums post mortem raclant les fonds de tiroirs dans les 00’s.