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Flyin’ Cut Sleeves

Dirt Noze, le mardi Janvier 2013

Comme nous le résume Jeff Chang dans son livre Can’t Stop Won’t Stop, l’histoire des gangs du South Bronx au cours des années 70 est le point de départ de la culture hip-hop à New York.

Littéralement abandonnée par l’état à la fin des années 60, avec la tristement célèbre mesure du "laisser-faire" de Nixon, le Bronx tombe en ruine. Les marchands de sommeil mettent le feu à leurs immeubles pour s’en débarrasser et récupérer les assurances. Entre 1973 et 1977, 30 000 incendies se seraient déclenchés dans le South Bronx. Une chaude nuit de juin 1975 à vu une quarantaine de feux se déclencher en 3 heures.

Comme le dit Chang "Ce n’était pas les feux de la colère purificatrice qui avait embrasé Watts ou une demie-douzaine d’autres villes après l’assassinat de Martin Luther King Jr. C’étaient les feux de l’abandon."

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Laissée pour compte la population survie comme elle peut dans un véritable champ de ruine.

Pour tromper l’ennui, éviter la drogue et "structurer le chaos", les jeunes du Bronx, dont le taux de chômage est de 60%, s’organisent en bandes. Fascinés par les Black Panthers comme par les Hell’s Angels ces jeunes se créent une culture faite d’honneur et de fraternité, de couleurs à porter et de territoires à protéger. Les Black Spades, Ghetto Brothers, Savage Skulls, Savage Nomads et autres Javelins se partagent le pavé et la guerre fait rage.

Cependant les deux leaders des Ghetto Brothers, un des plus puissants gangs du Bronx, portés par les idées révolutionnaires communistes, avaient des rêves de paix et d’unité entre tous les frères du ghetto. À plusieurs reprises ils tentèrent de réunir les chefs de tous les gangs afin de s’unir et d’arrêter les combats. L’idée était de faire la paix, de créer une grande "famille" au sein de laquelle chaque clique se respecterait et d’utiliser toute cette incroyable energie de manière positive. Des réunions qui inspireront la fameuse scène du film The Warriors de Walter Hill.

Un des membres des Black Spades s’appelait Afrika Bambaataa et ces réunions étaient le balbutiement de ce qui deviendra plus tard la culture hip-hop.

En 1970, Rita Fecher, une professeur du Bronx rencontre ces jeunes et décide de les suivre et de les filmer en super 8. Bien plus tard, au début des années 90, avec l’aide de Henry Chalfant, alors célèbre pour son documentaire sur les débuts de la culture hip-hop, Style Wars, et ses livres sur le graffiti, Subway Art et Spraycan Art, elle monte enfin ces images et retrouve certains participants pour les commenter.

Flyin’ Cut Sleeves nous raconte cette histoire.