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I Am Alive

Survival bien qui survivalera le dernier

Pandabold, le dimanche Mars 2012

Si, depuis plusieurs années, le monde du jeu-vidéo semblait avoir sacrifié le survival sur l’autel du marketing pour ne le réduire qu’à des hordes de zombies et des munitions illimités, on peut saluer la sortie de I Am Alive qui ravivera peut-être le genre, à sa manière.

Un an après le Choc, qui semble avoir décimé une grande partie du pays, Adam arrive enfin à Haventon où il y avait laissé femme et enfant – on ne saura d’ailleurs pas vraiment pourquoi, mais la situation maritale semblait assez tendue. Enfin, bref. Exceptés quelques immeubles restés miraculeusement debout, toute la ville est détruite et ses rues, éventrées par de profonds précipices, sont envahies d’un épais nuage de poussière (qui pourrait évoquer à certains connaisseurs de bon goût le brouillard silent-hillois). Notre personnage se lance donc à la recherche de sa petite famille au milieu des gravats, en croisant sur son chemin quelques survivants, amicaux, apeurés ou meurtriers.

I Am Alive campe un décor urbain varié, alternant les environnements extérieur et intérieur qui donnent lieu à des phases de gameplay différents. Dans les rues, la poussière affectera l’endurance d’Adam, l’obligeant à ménager chacun de ses gestes, surtout lorsqu’il gravira des bâtiments en quête d’air pur. Et même parvenu à surplomber ce foutu nuage, notre Alain Robert post-apocalyptique devra toujours modérer ses efforts pour ne pas regagner le plancher des vaches précocement. Si on pensait pouvoir souffler un peu dans l’espace confiné d’un métro ou d’un hôtel, c’est au contraire un tout autre danger qui y attend Adam ; celui de survivants prêts à tout pour défendre leur territoire ou se nourrir. Les munitions étant extrêmement rares, on hésitera franchement à utiliser les deux balles du chargeur contre les quatre ou cinq détraqués qui nous encerclent, en se demandant si ce qui nous attend plus loin ne sera pas pire encore. Il faudra alors savoir gruger, en tenant parfois en respect plusieurs assaillants… avec une arme vide.

La relation avec les quelques autres survivants consiste essentiellement à leur venir en aide en nous séparant de l’une de nos ressources vitales ramassées ici ou là. Mais la promesse de mettre le joueur face à un choix difficile (donner ou garder) ne fonctionne malheureusement pas. D’abord parce que ces ressources sont assez nombreuses pour sustenter tout le monde (même en mode survie) et que ces actes de solidarité ne concernent absolument jamais les munitions (voir plus haut). Ensuite parce qu’on ne donne pas vraiment, on échange, contre une tentative supplémentaire de rejouer depuis le dernier checkpoint plutôt que de recommencer le chapitre en cas de game-over. On regrettera alors que les créateurs du jeu aient été beaucoup trop mielleux sur ce point.

S’il pourra faire largement penser à une libre adaptation de SOS : Final Escape sorti en 2002 sur PS2, I Am Alive n’en reste pas moins un véritable survival, efficace et bien fourni (6 à 8 heures de jeu) pour un jeu en téléchargement. Son scénario, somme toute assez classique, laisse tout un tas de portes ouvertes vers une suite plus conséquente. Et c’est tant mieux. On l’attendra volontiers.

I Am Alive (2012) édité par Ubisoft, développé par Ubisoft Singapour. Disponible en téléchargement sur ps3, xbox360 et pc. Démo gratuite disponible.