John Lomax et son fils Alan Lomax, deux musicologues et folkloristes américains des années 30, sillonaient les routes de cette Amérique rurale, missionés par la Bibliothèque du Congrès, pour enregistrer, avec un matériel rudimentaire, les restes du floklore local qui allait être balayé par la radio et le disque. Ces enregistrements allaient donner naissance à une série de compilations qui parurent sur le label Rounder Records.

Les deux compères auraient, aux cours de leurs voyages, découverts et lancés, Leadbelly,et Woody Guthrie et même, plus tard, Muddy Waters.
John et Alan Lomax, enregistrent ainsi les derniers souffles de la musique des esclaves noirs-américains dont la puissance, l’éclat et l’énergie allaient donner naissance à toute la musique populaire occidentale moderne : Les Afro-American Spirituals.
Des enregistrements souvent accapella, enregistrés le soir sous le porche, dans la salle à manger ou dans les cours des prisons, qui témoignent de la richesse de cette musique au langage codé.
Message codé
"Seuls les spirituals offraient aux esclaves la possibilité de rêver. Ils ont mêlé le rythme venu d’Afrique aux cantiques appris des Blancs pour exprimer leur douleur, mais aussi pour exorciser leur condition, voir chanter leur prochaine liberté. Car les spirituals véhiculaient souvent un message codé, allant parfois jusqu’à indiquer les moyens de s’échapper. Bien peu ont été décryptés. Depuis, comme l’avait annoncé Dvorak, ils ont été la principale source d’inspiration des divers courants de la musique américaine, blues, jazz, rock, et jusqu’au rap."
Robert Darden - People Get Ready ! (Via la revue Books)
En 1903, déjà, le poète afro-américain W.E.B. Du Bois écrivait :
"L’Amérique a donné peu de beauté au monde, n’était l’insolente splendeur que Dieu lui-même à apposée en son sein ; dans ce nouveau monde, l’esprit humain a employé, pour s’exprimer, la vigueur et l’ingéniosité plutôt que la beauté. Le hasard a donc voulu que le chant noir traditionnel - le cri ryhtmique de l’esclave - ne représente pas seulement aujourd’hui l’unique musique américaine existante, mais aussi la plus belle expression de l’expérience humaine vécue de ce côté-ci de l’océan. On l’a ignorée, on l’a à moitié méprisé et, par dessous tout, on l’a sans cesse mal interprétée et mal comprise, mais cela reste néamoins le seul héritage spirituel du pays et le plus grand apport du peuple noir."
W.E.B. Du Bois (Via la revue Books)
Afro-American Spirituals, Work Songs, and Ballads à télécharger :
L’album Afro-American Spirituals, Work Songs, and Ballads à télécharger et à écouter :
=> http://www.megaupload.com/?d=QHDVK0YD
Run Old Jeremiah
Un morceau d’une étonnante puissance dont on ressent toujours l’influence directe aujourd’hui jusque dans la techno ou la drum & bass.
Vera Hall chante accapella "Trouble So Hard"
Une magnifique chanson qui sera pillée par Moby bien plus tard.
foxylounge




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