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Kazuo Umezu

My Name is Shingo (1983)

daamien, le dimanche Novembre 2011

Watashi wa Shingo / わたしは真悟 / ワタシハ シンゴ

Kazuo Umezu, l’homme à l’éternel sweat rayé rouge et blanc, est connu en occident pour être le mangaka génial de L’Ecole Emportée et de Baptism, deux formidables séries fantastiques/horrifiques qu’on peut facilement trouver en librairie.

On peut lire ici et là qu’il est le Stephen King japonais, la comparaison n’est pas très pertinente (il serait peut être plus heureux de le comparer à Charles Burns) mais on peut au moins deviner qu’il a une belle notoriété au Japon bien que la plupart de ses histoires soient franchement sulfureuses (le bonhomme qui a vraisemblablement eu une enfance problématique ne rechigne pas, entre autres joyeusetés, à mutiler ses personnages, adultes et enfants dans des scénarios tordus et amoraux [1]).

Kazuo Umezu est donc un maitre incontesté de l’horreur, psychologique et monstrueuse. Ses histoires sont très originales et exploitent avec brio les malaises de nos sociétés modernes (si ses premières histoires font appel à la culture folklorique fantastique japonaise, elles ont pris par la suite une direction plus universelle). En plus de ça, c’est un dessinateur hors pair : de ses cases émanent une force extraordinaire, magnétique qui fascine notre regard et imprègne durablement notre mémoire (notamment grâce à un découpage irréprochable et une très grande maîtrise du contraste).

Dans My Name is Shingo, on nous narre l’invraisemblable histoire d’un triangle amoureux entre deux enfants et un robot ! (le premier robot à être utilisé dans une entreprise japonaise). Comme à mon habitude je ne rentrerai surtout pas dans les détails sinon en vous disant que c’est un des tous meilleurs mangas que j’ai pu lire. Kazuo Umezu met ici un petit frein à ses pulsions horrifiques et signe une histoire drôlement émouvante où, dans un contexte industriel qui signe la fin du travail ouvrier des enfants se débattent contre la folie mortifère du monde adulte.


[1ses premiers mangas flirtent beaucoup avec la mouvance Ero Guro que l’on trouvait représentée dans le magazine de manga expérimental Garo, ah quelle époque ces années 70 !