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Michael Shindler, photographe

Le ferrotype, c’est plus classe que la photo numérique

Yann, le mercredi Août 2013

Ce post intéressera surtout les geeks de la photo argentique comme moi, mais pas que… Attention : vous qui avez tâté de la prise de vue, du développement et du tirage, qui avez passé des heures dans votre labo, vous allez verser la larmichette…

Vous l’avez sans doute constaté, la photographie argentique revient en force. Sans doute lassés des manipulations grossières sous Photoshop, les vétérans du sel d’argent ressortent boîtiers et objectifs du placard et de nouveaux adeptes rejoignent la secte. Après avoir été au creux de la vague et malgré quelques licenciements, la mythique marque Ilford voit les ventes de ses produits et papiers remonter en flèche. La marque top qualité italienne Ferrania relance la production d’un film 35 mm couleur lui aussi mythique : Solaris (N.b. : l’usage courant du mot "pellicule" est impropre. On parle de pellicule au cinéma, et de "film" en photo).

Alors que je glandais sur Facebook, un post de la page "Camera is not dead" m’a intrigué : un gars à lunettes et chemise à carreaux derrière une grosse chambre, un certain Michael Shindler. Inconnu au bataillon. Je clique sur le lien, je tombe sur une interview et surtout des images. Il ne vaut mieux pas que je vois ses tirages IRL, je risquerais de faire une attaque. Après quelques boulots alimentaires de photojournaliste, photo commerciale, Shindler monte à San Francisco son studio spécialisé dans le portrait grand format au ferrotype, un procédé datant du dix-neuvième siècle, sur plaque métallique, utilisant comme émulsion sensible le collodion. Et là, attention les yeux : finesse de grain hallucinante, maîtrise de la profondeur de champ au millimètre près. Mais nous ne sommes pas que dans la démonstration technique : Shindler sait sublimer des modèles aux expressions subtiles, pas du tout stéréotypées, par une parfaite maîtrise de la lumière, et sait attendre le bon moment pour déclencher. Un ton légèrement sépia donne aux images un aspects suranné, tout en semblant résolument présentes, entre autres de par leur format.

Je préfère vous renvoyer à son site plutôt que de joindre des images.

Le site de Michael Shindler