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NEVERNEVERLAND - Color Suite (2008)

Yannis Perez, Pascal Chirol, Bastien Loufrani, Ludovic Sauvage

Yann, le jeudi Janvier 2011

D’un jeu vidéo, on attend généralement de l’action, de l’aventure. Les concepteurs de Color Suite, qui s’inscrit dans le projet collectif plus vaste NEVERNEVERLAND, ont pris le contrepied de cet horizon d’attente en inventant un jeu où rien ne se passe…

Color Suite se présente comme une installation minimaliste : un ordinateur, un vidéoprojecteur, une petite table avec un joystick. Le spectateur qui le manipule erre dans un paysage vide, simplement défini par une ligne d’horizon délimitant deux plages colorées dont les nuances varient au gré des déplacements. On pense à la peinture de Mark Rothko. Un environnement sonore stéréo fait de drones renforce l’impression de voyager dans l’éther. Le mieux est encore de laisser la parole de l’un des artistes impliqué dans ce projet, Ludovic Sauvage : "une lente plongée vers le monochrome. La proposition de NNL-CS est celle d’une traduction de la définition d’un paysage. Ici présenté sous forme de jeu vidéo où le gameplay est l’errance, le projet, à mon sens, est une recherche de l’essence du paysage et donc de sa propre disparition. Il n’y a pas de progression vers l’abstrait dans NNL-CS, on ne revient pas en arrière, la question posée et l’esthétique de base relève directement de l’abstrait. L’abstraction comme environnement. L’interactivité ne rend pas modelable l’environnement, elle le rend changeant, elle donne la possibilité à une bichromie d’une simplicité minimale de changer tout le temps ; la rapprochant du virtuel. L’idée impossible de neverneverland est que l’on peut "simuler" , et en ce sens expérimenter l’idée la plus basique d’un paysage. Le procédé agit ainsi non pas comme révélateur d’espace, mais bien comme une sorte d’anti-espace, un piège de simplicité. Le but du jeu serait alors de percer l’architecture de ce non-espace est ainsi de traduire le jeu lui-même. Je pense voir là la zone d’existence de neverneverland, une petite structure en surfaces et en couleurs, fragilement assemblée, toute proche du vide." (Source : site personnel de Ludovic Sauvage).

L’expression "Never Never Land" a pour la première fois été employée en 1904 par le dramaturge anglais James Matthew Barrie, Peter Pan, or The Boy Who Wouldn’t Grow Up. Il désigne un monde utopique d’enfance éternelle.

Une démonstration de Color Suite sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=s-nH...

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