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Olneyville Sound System - What Is True, What Is False 12’’

daamien, le jeudi Octobre 2011

Immigrant Radio en écoute streaming sur Load : http://www.loadrecords.com/sound/immigrantradio.mp3

Voilà je viens de voir les gus barbus d’O.S.S. alors que certains les pensaient enterrés, mais bon le noise-rock est presque devenu le truc arty du moment (bon on sait qu’il faut bien quelques années pour transformer une citrouille malodorante en princesse branchée...) Ainsi donc un concert fort agréable avec une basse sans disto mais à burne (la marque de fabrique) et un batteur créatif (sans fioriture) qui joue au taquet. Soyons honnête, c’était pas vraiment la fulgurance des débuts où le chanteur braillait à s’en déchirer les cordes vocales, un "chant" qu’ils ont malheureusement troqué contre une guitare à effets spéciaux qui dénature trop leur âpreté (sob).

Profitons en donc pour revenir en 1999 à Providence (le repère de l’exubérante et pléthorique scène bruitiste représentée par le désormais célèbre label Load) afin d’essayer de décrire leur coup d’éclat nommé What Is True, What Is False (un joli vinyl orange soit dit en passant). Pour situer l’esthétique on se frotte à des compositions jusqu’auboutiste obsédantes assez proche d’Arab On Radar (sans leurs guitares dégénérées), dans lequelles le bassiste jouerait une ligne de dub (on pense aussi un peu à P.I.L.) en se contentant d’utiliser une note par chanson tandis que le batteur, très inspiré, remplirait joyeusement l’espace avec des rythmiques machiniques en 4/4 mais en déplaçant brillamment les temps forts et en ponctuant le tout avec des petits break tambour façon batucada-punk.

La combinaison de ces deux musiciens tatoués donne alors des morceaux minimaux mais très vivants, à la fois débridés et stoïques. D’ailleurs, il est réjouissant que ce gang irréductible laisse transparaître beaucoup de chaleur et d’humour.
Alors faut bien avouer que, comme pour A.O.R., cette recette si déterminée s’épuise sur les albums suivants, en tout cas on a là un formidable album de dégénéré.
"UNO DOS TRES QUATRO, LET’S CHA CHA CHA !"