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Smog, Sewn to the Sky

Disaster Records, Drag City, 1990

Yann, le lundi Avril 2011

Fort d’une quinzaine d’albums, ce boute-en-train de Bill Callahan, alias Smog, a quasiment acquis le statut de star du lo-fi. Mais qui se souvient de son tout premier disque, Sewn to the Sky ?

La pochette, élégamment dessinée par Bill himself, donne le ton : un arbre aux formes torturées, une lune qui semble agoniser sur un fond étoilé… On a visiblement pas affaire à l’oeuvre d’un jeune homme bien dans ses Nike montantes à scratshes. Enregistré (en deux ? Trois jours grand maximum ?) sur le fameux quatre piste TASCAM Portastudio, ce disque, à l’image de sa pochette, semble vouloir à tout prix repousser l’auditeur, et à son écoute, qui peut s’apparenter pour les oreilles les plus sensibles à une véritable torture, personne n’aurait parié un centime sur ce bonhomme se faisant appeler Smog. Bruits de câbles trifouillés, guitare simplette au sale son saturé, souffle, sons non identifiables, paroles ineptes écrites la veille…

C’est là l’essence du lo-fi, peut-être même est-ce le seul authentique disque de lo-fi qui ait existé.

A lire les paroles du dernier morceau du disque, "The Weightlifter", probablement le plus écoutable, l’ami Bill est manifestement un misanthrope :

"The weightlifter wears t-shirts in wintertime
The weightlifter wears no shirt in summertime
The weightlifter prays and prays for summertime
The weightlifter has a playboy air freshener
Dangling from his rearview mirror
But something on his mind
His car is red he’s saving for a water bed
Oh what a love nest that’ll be
The weightlifter wears t-shirts in wintertime ."

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