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Musique

Tibo BRTZ : Ike’s Loops

Compilation mixée et entretien

Dirt Noze, le 16 décembre 2014

Le Ike’s Mood d’Isaac Hayes est un des morceaux les plus samplés par les rappeurs. Tibo "BRTZ", nous a sélectionné les meilleurs titres.

Il y a quelques temps on avait publié une sélection de tracks hip-hop qui samplaient John Coltrane, dans le même ordre d’idée, Tibo, du BRTZ Radio Show, a décidé de s’attaquer au morceaux piochant dans le célèbre Ike’s Mood d’Isaac Hayes. En résulte un mix en 34 mn, en 17 tracks aux sonorités variées qui vont de Quasimoto à C Murder, en passant par Kurupt et Slick Rick.

Le mix s’écoute ci-dessous et on retrouve juste après le track listing, Tibo qui nous répond à quelques questions qu’on lui a posées.


Liste des titres :

- 1. Ike’s Mood (skit) by Isaac Hayes
- 2. Still Got Love For You by Beanie Sigel
- 3. Beautiful Mind by cormega
- 4. Letter To The Firm by Foxy Brown
- 5. The Mobb by Dru Down
- 6. Ike’s Mood (skit) by Isaac Hayes
- 7. Foxxy Brown by Al’ Tariq
- 8. The Clown (Episode C) by Quasimoto
- 9. Tha Streetz Iz A Mutha by Kurupt
- 10. Ike’s Mood (skit) by Isaac Hayes
- 11. Down 4 My N’s by C Murder & Magic
- 12. Ike’s Mood (Vlad the Inhaler Juke Edit) by Vlad the Inhaler
- 13. It’s A Boy by Slick Rick
- 14. 6 Minutes Of Pleasure by LL Cool J
- 15. Games People Play by Sweet G
- 16. Clap ya hands by Cut Killer & Dj Abdel
- 17. Ike’s Mood I by Visioneers


Entretien avec Tibo "BRTZ"

Salut Tibo !
Depuis quand t’occupes-tu de l’émission BRTZ Radio Show ?

Salut ! ça fait 5 ans à peu près qu’on fait notre émission sur Radio Campus Paris. On a commencé sur une grille d’été, puis en streaming, et ça fait bien 3 ans maintenant je pense, qu’on est en direct, quasiment tous les mardis soirs. L’idée, c’est surtout une opportunité qui s’est présentée, et on s’est dit, avec mes 4 potes d’enfance avec qui on a toujours partagé ce truc pour la musique, que ça serait génial de faire une émission où on passerait tout ce qu’on aime, en invitant des artistes. Et le but, on n’en a pas de précis, si ce n’est de kiffer et de partager ce qu’on aime. Après, on essaie de faire une émission carrée, en s’appliquant un minimum sur la forme et sur le fond pour être écoutable. On n’a pas de ligne particulière, ça part du rap, mais on ne s’interdit aucune direction. Le truc ultime ça serait que des gens (extrêmement nombreux bien sûr) considèrent notre émission comme un rendez-vous cool pour écouter du bon son.

D’où vient le nom BRTZ ?

Alors BRTZ c’est les consonnes de BeaRy TeeZ, une marque de tee shirts que j’avais créée avec un pote vers 2006 2007. j’ai arrêté cette activité peu de temps après avoir commencé la radio en fait, parce que j’étais assez mauvais pour gérer un business, surtout que rapidement je me suis retrouvé seul à mener la barque. En plus, je ne suis pas graphiste, je dessine et je bidouille sur photoshop, mais c’est loin d’être suffisant pour prétendre faire du design pour une marque de streewear, et je ne suis pas vraiment dingue de sapes, donc j’étais pas trop à ma place là dedans, avec un peu de recul ! Mais c’est en développant ce truc que j’ai rencontré les personnes qui m’ont donné envie, puis permis de faire de la radio, et aussi d’organiser mes premiers événements, donc au final c’est plutôt cool comme aventure. Je bidouille toujours des dessins et du photoshop, mais pas pour en faire des tee shirts, ou pas pour vendre des tee shirts en tout cas.

Qu’est-ce qui t’as amené à la musique ?

J’écoute du rap depuis 96, grâce à mon pote Laurent, et c’est d’ailleurs avec lui qu’on avait lancé les tee shirts 10 ans après. Il m’avait passé une cassette d’une émission sur France Inter, Timal et les Intégrés, si je me rappelle bien, et il y avait Ideal J en invités, pour leur premier album, j’avais eu une vraie claque. Avant ça, je n’écoutais pas vraiment de musique, à part ce mes parents écoutaient, en gros. Peu de temps après, on m’a offert un poste radio cassette et je me suis à écouter du rap, tout le temps. Et j’avais envie de faire plus que simplement écouter du son, je me faisais des tonnes de cassettes avec des concepts, des fausses mixtapes .. Puis je me suis mis en tête d’acheter des platines, ce qui a été très long et laborieux ! Je me rappelle avoir acheté une cellule ortofon à 15 ans, et petit à petit des platines et de stables de mixages, super pourries au début, un peu moins ensuite, mais j’ai vraiment été bien équipé à partir de 2007-2008.
Mon premier coup de foudre musical, en rap, c’est la Première consultation de Doc Gynéco, je connaissais les paroles de Nirvana par coeur, je pense que j’en comprenais à peine la moitié mais j’étais à fond !

C’était avec mon radio cassette, j’ai découvert ça en même temps qu’Upside Your Head de Snoop et Once Again de ATCQ, la version avec Rafael Saadiq. Mais sinon je crois que la première musique qui m’ai vraiment marqué, c’est My Baby Just Cares For Me de Nina Simone, que mon père adorait.

Tes sélections sont assez éclectiques, quel est ton style de prédilection ?

J’ai très vite été un gros fan de g funk, et ça ne change pas ! Donc je pense que je reviens toujours vers les sonorités funky, en rap ou ailleurs, même si plus le temps passe, plus j’écoute de trucs différents.

Comment perçois-tu les nouvelles scènes hip-hop ?

Je trouve qu’il y a tellement de trucs, dans tous les styles, qu’on peut toujours tomber sur un truc mortel. J’ai l’impression d’être tout le temps un peu à la bourre sur les nouvelles tendances. J’ai eu du mal avec les sons du sud, quand j’ai découvert ça dans les années 2000, puis avec la trap quand c’est devenu à la mode, ou avec le footwork, mais maintenant je peux apprécier des sons dans ces styles sans problème. J’ai toujours un petit train de retard, mais au fur et à mesure je redécouvre ce que j’ai laissé passer et je peux pas dire que je n’aime pas tel ou tel style.

Ce que je perçois de nouveau, c’est que les mecs de la génération internet sont souvent beaucoup plus pros dans leurs démarches. On sent direct que le marketing est bien ficelé, le travail sur l’image, la promo.. Tous ces trucs qui, j’ai l’impression, ont manqué à plein de gens talentueux dont les carrières sont restées underground, ont l’air d’être ultra bien compris par les jeunes. Alors ça fait pas forcément des projets qui me parlent, mais je sens le taf sérieux. Après, pour le boom bap, quand ça fait copié collé 90s, je trouve ça souvent chiant. Mais globalement c’est super riche, et en fouinant un minimum, c’est facile de trouver son bonheur.

Tu peux nous faire un petit top 5 des singles sortis en 2014 ?

Pas facile.. Bon des singles c’est trop dur ! Je vais parler des sorties qui m’ont marqué. Les premiers trucs qui me viennent à l’esprit, je pourrais dire U Turn Me on d’Amin Payne et Ben Bada Boom, remixé par Suff Daddy, leur album était déjà mortel. Turquoise Summers, le EP Shades, le dernier album de DJ Quik, qu’est pas incroyable non plus, mais qui me fait toujours autant plaisir. Sinon j’ai vraiment kiffé la tape de Jaisu, A Short Album, et dans un registre plus brutal, pas mal de sons de G Jones, dont son remix de Planet Rock.

Dans le même esprit, quel serait ton top 5 de tous les temps ?

Alors, je vais dire Nina Simone, My Baby Just Cares For Me, j’en ai déjà parlée, mais j’adore cette chanson. Sinon, sans trop réfléchir, je dirais Nami Shimada, Sunshower, que j’ai découvert cette année. Bootsy Collins, I’d Rather Be With You, et puis pour finir, ce que j’ai le plus écouté dans ma vie, All Eyez On Me de 2pac, Rhythm Al Ism et Balance & Options de Quik. Bon ça fait presque 5, c’est très dur, pourtant j’aime bien poser cette question à la radio !

Merci.