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Sylvain Bertot : "Rap indépendant" la mixtape

Dirt Noze, le lundi Mai 2014

Pour illustrer l’entretien que nous avons eu avec Sylvain Bertot, à propos de son livre Rap indépendant : La vague hip-hop indé des années 1990/2000, nous lui avons demandé de faire une sélection de titres emblématiques de cette scène.

Celui-ci nous a donc concocté un voyage chronologique de 1993 à 2010, avec douze titres majeurs et représentatifs des différentes facettes du mouvement, une sélection qui va de Fondle’Em au Hellfyre Club, en passant par Solesides et Anticon.


Listes des titres commentés par Sylvain Bertot :

- The Cenobites - Lex Lugor (1993)

Sans doute le titre fondateur du rap indé. Parce qu’il est la première sortie Fondle’em, le label new-yorkais pionnier. Mais aussi parce que Kool Keith y disait explicitement qu’il fallait désormais s’émanciper au plus tôt des majors du disque.


- Company Flow – 8 Steps to Perfection (1996)

Le deuxième single du groupe central et capital du rap indé. J’aurais pu mettre le premier, Juvenile Techniques (1994), mais celui-ci est plus représentatif du son de Company Flow, de cette ambiance oppressante et de science-fiction qui marquera le rap indé de l’an 2000.


- Lateef The Truth Speaker‎ – The Quickening (1996)
De Solesides, le grand public ne connaît généralement que DJ Shadow. Le label de la Baie de San Francisco abritait cependant d’autres rappeurs audacieux et iconoclastes, dont Lateef the Truth Speaker, du duo Latyrx.


- Atmosphere – Scapegoat (1997)
Atmosphere, où ceux qui ont mis Minneapolis sur la carte du hip-hop. Slug, ou celui qui, par sa posture introspective, avec cette image d’homme sensible qu’il n’a pourtant cessé de combattre, à montré l’une des voies principales qu’explorerait plus tard le rap indé.

- Of Mexican Descent, Circus & Omid - Night and Day (1998)

Et si la meilleure compilation Project Blowed était en fait Beneath the Surface, un album remarquablement produit par Omid Walizadeh, et regroupant toute la nouvelle génération du Blowed, notamment les Shape Shifters ? Illustration avec l’ambiance vaudou d’un titre commun entre les deux gros Mexicains d’Of Mexican Descent, et Circus.

- Peanut Butter Wolf & Zest – Interruptions (1999)

L’un des meilleurs morceaux de l’un des grands parrains du rap indé de la Baie de San Francisco, Peanut Butter Wolf, fondateur de Stones Throw Records, en compagnie de l’un des grands unsung heroes de l’underground, l’excellent rappeur Zest the Smoker.

- Edan – Sing It Shitface (1999)

Rappeur, producteur, DJ, designer et nostalgique de l’inventivité du hip-hop old school, Edan faisait tout. Il arrivait même, crachant au passage sur le très racoleur R&B moderne, à faire un tube à partir du sample de gamins japonais.

- Them – It’s Them (1999)
Et Anticon arriva, qui prit au pied de la lettre les principes de totale liberté artistique prônés par les indés, pour exploser totalement toutes les règles du hip-hop, et créer un schisme dans l’underground. Exemple avec Dose One et Jel, alias Them, plus tard Themselves.

- Buck 65 – Pants on Fire (2001)
Tour à tour puriste hip-hop, expérimentateur, turntablist, emo-rappeur, folk-rappeur, et bien d’autres choses encore, Buck 65 a épousé, au sein d’une carrière riche, toutes les évolutions du rap indé. Ici, un titre issu de Man Overboard, son grand album dépressif, dédié à sa mère récemment décédée.

- Lab Waste – Get the Signal (2005)

Plus ou moins issus de l’aventure Project Blowed, les producteurs et rappeurs Thavius Beck et Subtitle s’acoquinaient au sein de l’aventure Lab Waste pour un grand numéro de rap électronique passablement allumé et halluciné.

- Soso - Hungover For Three Days Straight (Don’t Matter) (2005)

L’indé, ça a été une autorisation à faire exactement tout ce que l’on voulait du rap. Y compris pour Soso, rappeur et producteur de Saskatoon, Saskatchewan, du hip-hop triste et dépressif, représentatif des froideurs mornes des grandes plaines de l’Ouest canadien.

- Nocando & Busdriver - Two Track Mind (2010)

Nocando, où l’un de ceux grâce auxquels survivent, dans les années 2010, le rap indé et l’aventure Project Blowed, ici en compagnie de l’un des autres grands noms de l’indé californien, le West Coast Underground, Busdriver