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Musique

Bilan 2015 : Post trap et neo drill

Selon D.Kleinfeld

D.Kleinfeld, le lundi Janvier 2016

D.Kleinfeld nous propose sa sélection 2015. Au programme : post trap d’Atlanta, neo drill de Chiraq et hommages à Gucci Mane.

-  Future - DS2 / Beast Mode / 56 Nights

JPEGCe top n’est pas un classement, mais Future en est quand même le leader incontesté. Épaulé par certains des meilleurs producteurs du game (MetroBoomin, Zaytoven, Southide…), Nayvadius continue à nous livrer sa flamboyante descente aux enfers, dans un océan de lean et de percocets il chante la tristesse la depression mais aussi la gloire, cela avec une justesse et une force rare. C’est sans doute la plus bel année du natif d’Atlanta en matière de création musicale, après avoir échoué son passage au rang de "popstar" avec son album studio ("Honest") Future nous a montré cette année qu’il en avait encore sous le pied, non pas en tant que popstar déchue mais en tant que véritable patron d’Atlanta et icône du" hip-hop moderne"

L’équation semblant être celle-ci : plus Future se fait du mal, plus sa musique est bonne, espérons qu’il trouve un équilibre avant le double cup de trop.

- 56 Nights
- Beast Mode


- Yung Gleesh - B.C

JPEGSurement le projet le plus complet de la carrière du jeune gleesh, le natif de DC et son flow nonchalant complètement désarticulé livre un album très complet ou nervosité et énergie quasi hystérique ("jump rope", "wasabi", "take my time") savent faire place à des ambiances musicales plus détendues et mélodieuses ("gleesh goin’", "she tellin", "Krazy").

Gleesh est , tant par sa diction plus mâchée que jamais, feignant une débilité avancée, que par sa propension à inventer des mots et à exploiter le slang de sa ville natale à la perfection, l’aboutissement de la face le plus absurde et névrotique (celle du "ice cream cone") de son model, le grand Gucci Mane.

Idole a laquelle il rendra d’ailleurs hommage plus tard dans l’année avec le très conceptuel FREEWOP (meilleur pochette de l’année au passage : Yung Gleesh grimé en avocat défend Gucci Mane à la barre), projet digital gratuit "hommage" au TrapGod sous la forme de re-make de ses pistes favorites.


- 21 Savage - The Slaughter Tape / Slaughter King / Free Guwop

JPEGAnnée fulgurante pour l’auto proclamé "Slaughter King". Le jeune 21Savage développe dans trois projets de qualité, un rap ténébreux, grinçant, et marqué d’une musicalité bien particulière qui n’est non sans rappeller le patron Gucci à ses heures les plus sombres. Si Yung Gleesh est le coté gentiement "retarted" et déjanté de Gucci, 21 incarne son coté le plus sombre, avec son humour noir souvent absurde et sa nonchalance presque inquiétante. Son univers musical et visuel contraste avec la scène très colorée et super-vitaminée d’Atlanta depuis quelques années, grace à un flow sec et saccadé reconnaissable entre mille, à une plume bien aiguisée et à une équipe de super-producers pour le soutenir (Fukk12, Sonny Digital, Zaytoven …) 21 a explosé cette année et a fourni aux rues d’ATL quelques uns de ses "street hits" les plus savoureux ("SKrt Skrt", "Air it Out", "H20", "One foot"…).

Son dernier projet en date, l’album Slaughter King démontre que le jeune disciple de guwop est capable de s’ouvir à de nouvelles influences, et ainsi devenir un des visages phare de la génération post-migos, avec des influences communes mais une musique tout a fait différente.

(Sale) affaire à suivre.

- Spotify


- Chief Keef

JPEGL’électron libre continue sa perpétuelle recherche musicale et multiplie cette année les atmosphères, les flows et les personnalités. Avec au moins 4 projets notables, imprévisibles, et tous différents, Sosa a eu une année tant difficile (déboires judiciaires, perte de son ami de longue date et membre du GloGang Capo) que productive. Mué en producteur (avec le très bon DP en soutien), il livre une musique alchimique, ou instruments et voix semblent parfois quasiment indissociables, et si certain se plaignent de la pauvreté de son écriture c’est qu’ils n’ont pas compris le second degré ou la poésie presque post-moderne dont le natif de chicago peut faire preuve. Le rapport de Chief Keef à la musique est compulsif, presque boulimique ; et c’est grâce à cette hyper-productivité qu’il continue à se renouveler et a sans cesse explorer de nouveaux horizons, de nouvelles manières d’exploiter sa voix ou d’habiller les instrumentales.

Au centre des scandales,cette année, Keith semble continuer a se préoccuper davantage du son qu’il a envi de faire et de la couleur de son nouvel equipement de paitnball que des directives de son/ses labels, et cela à notre plus grande joie. Celui que certain s’attendaient à voir exploser et s’ouvrir au grand public confirme qu’il n’est pas prés à faire quelque concession qu’il soit quand à sa musique ou son mode de vie ; bien que signé sur ce qui s’apparente être l’équivalent d’un nouveau label (Filmon, avec qui son manager est actuellement en procès), le jeune Sosa n’en fait qu’as sa tète et se forge une carrière presque underground, en dehors des tendances et des canaux classiques utilisés par les vedettes du game aujourd’hui.

- Sorry 4 the Weight
- Almighty DP 2
- Finally Rollin 2
- Forever Chopsquad


- BLACK KRAY - STILL STRUGGLIN STILL SHININ & THUG ANGEL

JPEGOn aurait trop tendance a considérer Black Kray et son label Goth Money Records comme un énième phénomène internet plus ou moins issu du cloud rap et de la mouvance Raider Klan, Sad Boys etc …. Mais Black Kray est en réalité bien plus que ça. Les projets Thug Angel et Still Shinning Still Strugglin sorti sur Bandcamp cette année, réunissent a peu prés tous les éléments qui forment l’univers de Black Kray. Très marqué par la scène drill de Chicago, mais aussi par la scène underground de Memphis des 90’s et le mouvement trap originel à Atlanta (Jeezy, Gucci, Oj …), Black Kray joue avec son héritage musical, en y apposant son fétichisme pour les early 2000’s. Reconnaissable par un placement rythmique très particulier, et une science des backs et des gimmicks tout a fait affûté ; Black Kray chante ses craintes, ses incertitudes mais aussi son quotidien de jeune artiste noir américain, issu d’un environnement difficile. Les thèmes sont classiques : les filles, l’argent, les biens matériels, la drogue ; mais sa musque est très souvent emprunt d’un léger détachement, d’une dimension plus existentielle, d’une reflexion personnelle plus globale, presque spirituelle.

Si on le connait pour son flow monotone, désabusé, qui retenti sur les instrumentales comme une complainte ; Black Kray ne se limite pas à ce coté dépressif. Sur des productions souvent brutes et minimalistes , fruits du travail des meilleurs "internet producers" (Nedarb Nargrom, Filthy, 10KMOTOROLA…), Black Kray se mue tantot en version mutante du Chief Keef de 2011, tantôt en chanteurs de ballades tristes.

Questionnés récemment au sujet de leur conception de la musique, les membres de Goth Money Records semblaient n’avoir que deux mots en tète : positivité et indépendance. Finalement "Still Strugglin’ Still Shinnin" est une idée qui résume à merveille l’univers de Black Kray et de son label, entre positivité artificielle et dépression traumatique, entre lumière et obscurité. Récemment réunis avec ses compères du label de l’argent gothique sous le nom de "Goth Money" pour un trés bon album, "Goth Money Trillionaires", nous mène à penser que l’année 2016 sera encore une année prolifique pour Black Kray et toute son équipe (S/o Kane Groceries, MarcyMane, Yng17 ... ), peut etre la bonne pour entre pour s’installer pour de bon dans la lumière.

- STILL STRUGLIN STILL SHINNIN


-  Young Thug - Barter 6

JPEGSur Barter VI , le jeune voyou le plus excentrique des US semble avoir trouvé un semblant d’équilibre et présente un projet ou la volonté, très visible auparavant, de "performer" est remplacé par celle de produire un ensemble cohérent et solide. Propulsé par les productions sub-aquatiques de Wheezy et LondonOnDatrack, Thugga habille très intelligemment ces bijoux minimalistes de sa voix ensorcelante et de ses gimmicks animales, de ce qui rend sa musicalité si infectieuse en somme. Faisant preuve d’une technique a couper le souffle, et beaucoup moins portée sur l’autotune que ce que l’on a tendance a croire, il switch son flow, fais parler sa puissance rythmique mais aussi sa sensibilité, sa retenue. Si la première écoute peut s’avérer un peu décevante, c’est qu’il ne faut pas s’attendre aux explosions délirantes auxquelles nous avait habitué Young Thug, jouant avec sa respiration et son flow comme personne, il délaisse l’effort et l’urgence au profit de la précision et de la mélodie juste, mélodie souvent imparable et entêtante à souhait. Vivement le premier album de celui qui peut rapidement devenir le rappeur le plus important des années 2010’s.

- Album stream


- Kodak Black - Heart of the Projects / Institution

JPEGKodak Black est la nouvelle coqueluche des ghettos américains, originaire de Floride, le jeune Kodak sort d’une année impressionnante ponctuée par un premier projet de très bonne qualité, et un second projet (sorti récemment) tout aussi complet bien que moins bien produit et mixé.

Polyvalent et régulier, le jeune Blacc raconte sa "everyday life" de jeune lascar de Floride, il en aborde les cotés sombres et dangereux mais aussi les moments de joie et d’euphorie, pour redonner le sourire à tous les project babys. Souvent comparé à Boosie, à juste titre, il marche sur les pas de son illustre prédécesseur avec une popularité grandissante dans la rue et une carrière bâtie en solo, a la force de ses rimes (très peu de feats, pas de producteurs connus). Kodak Black a aujourd’hui une dimension presque sociale, loin des strasses et diamants du rap d’Atlanta, ou de l’ignorance revendiquée de la scène de Chicago, il développe son propre univers, autour de sa fraîcheur et de son charisme, et en dehors de toute notion de "tendance". "Heart of The Projects" est a coup sur un des disques de l’année, pour plusieurs raison cités plus haut mais surtout car il réussi à, marier modernité du son et héritage du Dirty South 90’s et early 00’s, et cela avec une facilité déconcertante .A seulement 18 ans, Kodak Black réussit a remettre au gout du jour des sonorités qu’on aurait pu croire passées de mode, sans à aucun tomber dans le revival sans intérêt, ajoutez à cela un flow candide et technique, une voix taillé pour les hits et un immense charisme et vous obtenez un très sérieux rookie prêt à exploser dans les années à venir.

- Heart of the Projects
- Institution


- Bones & Drip 133 - HateToBreakItToYou

JPEGBones a connu une année un peu particulière, il a en effet éclot aux yeux du grand public avec un "collaboration" sur l’album d’Asap Rocky ( qui a en fait seulement repris un morceau de Bones). Le Skinny White Pimp, dont on ne compte plus les projets gratuits de grande qualité, a sorti en collaboration avec le très talentueux beatmaker Drip-133 (allez écouter son album "life petting" ça vaut le coup), un des meilleurs projets de sa carrière. Sur des productions millimétrées et a l’ambiance nostalgique et très marquée par son esthétique sombre et planante, il développe tantôt un rap glacial et précis, tantôt un flow chanté désabusé et emprunt de l’influence des ballades dépressives de l’Indie Rock américain. Ce projet n’est pas totalement sombre pour autant, servi par la production très léchée de Drip, c’est une atmosphère sereine et étrangement plutôt optimiste qui entoure le projet. D’une régularité impressionnante, Bones peut aujourd’hui être considéré comme l’un des artiste majeur de la scène hip hop underground.


Mais aussi :

  • Bankroll Fresh - Life Of A Hotboy 2 / Street Mony WorldWide
  • Doughboyz Cashout - BYLUG World
  • Father - Papicodone EP / Who’s Gonna Get First
  • Lil B - Thugged Out Pissed Out
  • Starlito - Introversion / I’m Moving To Houston
  • Dela - Aigle Noir
  • Young Thug - Slime Season 2
  • Larry June - Good Job Larry
  • Dj Smokey - Choppin’ Out The Forest
  • King Louie - Drilluminati 3 / Play Dat Again
  • Bloody Jay - Blatlanta 3
  • Young Scooter - Married To The Streets 2
  • Shy Glizzy - FTO
  • Sauce Twinz - Sauce Theft Auto
  • Oj Da Juiceman - Juice VS Zay
  • Skooly - The Blacc John Gotti
  • Greedy - Kame 2 Eat 2 Reloaded
  • Retch - Finesse The World
  • Lil Reese - Supa Savage 2
  • SD - Just The Beginning
  • Gucci Mane - Trapology / Incarcerated
  • BenjiGlo - No Sight No Fear
  • Fat Trel - GeorgeTown / Muva Russia
  • Young L - Convulsion II
  • Bones - YouShouldHaveSeenYourFace
  • Vince Staple - Summertime 06
  • Dex Osama ( RIP )
  • Trapo - The Black Beverly Hills EP
  • Bricc Baby Shitro - Nasty Dealer
  • Earl - I Don’t Like Shit
  • Kane Grocerys - Trap Goth
  • Lil Durk - 300 Days 300 Nights
  • Peewee Longway - The Blue M&M’s Vol2 (Kingsize) / Money Pounds Ammuniation 2
  • 2Chainz - Trapavelli Tre
  • Payroll Giovanni - Stack Season
  • Cash Out - Kitchen And Choppas 2
  • Juicy J - From O’s To Oscars
  • Fredo Santana - Aint No Money Like Trap Money
  • Young Simmie - Young Smokey
  • Rich The Kid - Flexin On Purpose
  • Dr Yen Lo - Days With DR Yen Lo
  • Jose Guapo - Osama Bin Guapo
  • The Sauce Factory - Drip Or Drown 2
  • Lil Bibby - Free Crack 3
  • Lil Herb - Ballin’ Like I’m Kobe
  • A-Wax- Everlasting Money
  • Young Dolph - High Class Street Music 5 / 16 Zips
  • Robb Banks - Year of A Savage / No RoofTops
  • Mozzy - Bladadah
  • Madeintyo - You Are Forgiven Ep
  • 50 Cent - The Konan Tape
  • Chris Travis - Art Of Destruction
  • Paul Wall - Po Up Poet
  • ILOVEMAKONNEN - Drink More Water 5 / ILOVEMAKONNEN 2
  • Denzel Curry - Planet Shrooms
  • SCH - A7
  • PNL - QLF / Le Monde Chico