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Musique

Bilan 2015 : Rap, trap & phonk

Selon DirtNoze

Dirt Noze, le vendredi Janvier 2016

Un regard dans le rétroviseur, forcément subjectif et incomplet, sur l’année rap 2015.

Maisons pièges, merdes diaboliques et vagues sombres

En 2015, j’aurai encore écouté beaucoup de rap. Beaucoup de rap d’Atlanta, et toute sa scène "post trap" qui accueille désormais si bien la mélodie au coeur de la diction rap. Mais également toutes ces scènes undergrounds ultra productives qui fleurissent sur internet. Comme la scène "phonk" qui, dans la lignée du Raider Klan, mais aussi de Lil Ugly Mane, perpétue avec plus ou moins de fidélité la tradition du "devil shit" de Memphis, tout en faisant souvent le lien avec le rock, tendance métallique. Ou la "trillwave", ces descendants du "cloud rap" de Lil B et Main Attrakionz, avec leurs artworks bricolés et leurs instrus planantes. Mais en 2015, le rap n’a certainement jamais eu autant d’étiquettes, et en même temps, les genres n’ont jamais été aussi poreux.


Top 4 rap US :

Comme souvent Atlanta tient le haut du pavé cette année, mais les deux hurluberlus du groupe $uicideboy$, sont venu jeter un pavé dans la marre en s’incrustant durablement dans mes playlists.

- Future - Dirty Sprite 2

2015 restera comme l’année de Future. Après une série de mixtapes irréprochables, DS2 a marqué l’année rap, et a été, de loin, l’album que j’ai le plus écouté cette année.

Mais tout a été dit sur cet album aussi dépressif qu’addictif, et par les meilleurs (PureBakingSoda et Fake For Real). J’avais également rapidement évoqué le sujet lors de mon bilan mi-2015.


- Young Thug - Barter 6

L’année artistique de Young Thug a été compliquée. Entre leaks massifs de chutes de studio mal finies, reports successifs de son premier album studio et série de mixtapes fourre-tout, son projet le plus cohérent reste Barter 6. Un album finalement assez sobre au premier abord, mais dont la profondeur se dévoile petit à petit, à chaque écoute, un peu à la manière d’un DS2. J’en parlais déjà dans mon bilan mi-2015.

En 2015, le sens du mot "mixtape" semble s’être encore éloigné de son sens premier (une simple "compilation mixée"), pour devenir un véritable album dématérialisé (gratuit ou pas). De plus en plus de projets, souvent aussi travaillés qu’un album, sortent directement en "no DJ". Barter 6 en est un cas d’école. Celui-ci, annoncé et conçu comme un album officiel (le premier album officiel de Young Thug), a été déclassé à la dernière minute comme mixtape, mais tout de même payante sur les plateformes de type "iTunes".


- ABRA - Rose

Abra est le nom d’un Pokémon de type Psy de la première génération, dont un des talents est d’être immunisé à la peur. C’est également le nom d’une chanteuse membre d’Awful Records, le collectif de rap alternatif d’Atlanta. Aussi auto-surnomée la "darkwave duchess", la chanteuse n’a peur de rien, et certainement pas de son côté obscure, qu’elle dit se délecter d’explorer.

Abra produit elle-même toutes les musiques de ses chansons, une musique très électronique, obsédante et minimale d’inspiration années 1980. Quand on lui demande par quoi elle commence la construction de ses morceaux, elle répond sans hésiter : "I serve the bass".

I serve the bass ! Everything comes from the bass line. After I get something groovy, I’ll drive around with the bass line on loop until a song or lyrics come to mind. Then I’ll lay a rough of that and just experiment with building around the track with harmonies, backing vocals, chopping things up. Anything can be chopped up and made into an instrument. All I’m doing is having fun messing with sounds until I make something that gets me excited. When I finish producing the song, I’ll go lay a final vocal cut in my closet on my snowball mic.

— ABRA

La musique d’Abra peut paraitre un peu "feinte" de prime abord, tout comme sa posture "années 1980". Cet effet est probablement renforcé par sa voix qui semble constamment sonner "faux". Cependant, ce décalage et les mélodies légèrement dissonantes de ses airs sont véritablement la force de ses chansons, dont la dimension profondément hypnotique et entêtante des compositions augmente à chaque écoute. À la manière des deux précédents items de cette liste (décidément) il s’agit d’un album qui se bonifie grandement au fil des écoutes.

Avec Rose, Abra nous offre une micro-soul minimaliste, toute en retenue, qui n’est pas sans nous rappeler Sade. Cet aspect "micro-soul" peut également la rapprocher des mélodies sourdes, dissonantes, discrètes et entêtantes d’un artiste comme Future.


- $uicideboy$ - Black $uicide (Side 1 2 & 3) / $outh $ide $uicide

Mon année 2015 aura été sous le signe du double $ avec les $uicideboy$. Difficile de sélectionner un projet parmi les 14 que le duo à sorti cette année. De l’excellent premier EP de la série Black $uicide, sorti en février, au très sombre Now the Moon’s Rising paru au lendemain des attentats de Paris, les projets du duo de la Nouvelle Orléans sont tous d’une étonnante qualité pour un rythme de sorties aussi soutenu. Ces parutions mensuelles, qui ont rythmé l’année, ont également fait passer le groupe du statut de découverte sympathique à groupe incontournable de cette scène phonk qui perpétue l’héritage du Memphis des années 1990.

S’il est difficile de choisir un projet en particulier, la série des Black $uicide (en compagnie de Black Smurf), avec leurs formats courts (5 ou 7 titres) me semble une bonne porte d’entrée à leur univers.

Ou encore le projet $outh $ide $uicide, en compagnie de Pouya, et entièrement clipé ci-dessous :

La lecture de cet article, très complet, que nous avons concocté avec Jocelyn Anglemort sur le duo louisianais, et plus largement sur la scène phonk, me parait être également indispensable pour en savoir plus.


Top 4 Rap français :

En 2015, cela faisait également très longtemps que je n’avais pas écouté autant de rap français. Ça a été en tout cas, la première année que j’ai ressenti le besoin d’en parler dans ce blog.

- Riski (Metek) - Matière noire (Le chemin des choses brilliantes)

Metek poursuit, désormais sous le nom de Riski, et avec les cinq titres de Matière noire, l’oeuvre qu’il avait entamée sur son précédent album, lui-même intitulé Riski. Une façon de boucler la boucle.

Une oeuvre faite d’une énergie folle, d’amours toxiques, de sueur et d’alcool, de blessures, de stupéfiants, de rêves et d’espoir. Mais également faite de responsabilités et de transmission. Les cinq titres de Matière noire, du rap à la soul, en passant par la chanson française, expriment parfaitement la versatilité de l’artiste. Il a également sorti en 2015, Junkie, un titre très remarqué sur la compilation Boulangerie Française de DJ Weedim.
Plus récemment on l’a entendu en mode autotune sur Préliminaire, la courte mixtape d’Express Bavon.
- Un entretien avec Riski à lire.

- Et il faut continuer a acheter son CD précédent, l’excellent Riski (certainement un des pus grands albums de rap français depuis toujours), sur son son Bandcamp, ou directement chez lui.


- Jorrdee - La nuit avant le jour / La 25ème Heure

Jorrdee est un des représentants en France de ce chant à mi-chemin entre rap et RnB, très répandu outre Atlantique. Mais Jorrdee n’est pas qu’un simple imitateur de Future, Fetty Wap ou Young Thug, il possède une forte personnalité qui en fait un artiste véritablement à part. Qui, si ses influences principales viennent d’Atlanta, fait aussi penser à cette nouvelle scène indépendante de bidouilleurs expérimentaux, dont font partie des gens comme Black Kray ou Smug Mang.

Depuis la sortie de La nuit avant le jour en février 2015 (qui faisait déjà partie de ma sélection mi-2015), le jeune rappeur/chanteur/producteur a libéré La 25ème Heure (encore un titre nocturne), un projet également très recommandable.

À la toute fin de l’année Jorrdee a lancé une salve de clips vidéo (comme l’excellent Personne Ne Sort, ou le très bon James Blunt), annonçant un nouveau projet très bientôt.


- BARABARA - En attendant le lever du soleil / Il était une fois le barbouze

Si Il était une fois le barbouze, sorte d’équivalent rap à L’Homme à la tête de choux, est sortie en 2014, je l’avais honteusement laissé filer à l’époque. C’est avec la sortie de son épilogue, En attendant le lever du soleil, que je l’ai découvert.

Donc je triche un peu et le met dans ce bilan 2015, car pour moi ça été une véritable révélation. Tant pour l’écriture, l’univers, la diction, le choix des instrus, la cohérence globale et l’humanité du bonhomme.
- Pour en savoir plus, lire la chronique.
- Lire aussi l’excellent entretien qu’il a bien voulu nous accorder.


- PNL - Que la famille
Tout a été dit sur le duo des Tarterets qui a mis (presque) tout le monde d’accord. Leur premier album, Que la famille, a été la découverte de l’année, et Le Monde Chico a honnêtement continué le job. Mais au final, le morceau qui me reste toujours en tête, c’est Mowgli, qui n’a pourtant finit dans aucun de ces deux albums.
- Lire la chronique.


À écouter également :

Post trap / neo drill

- Skooly - Blacc Jon Gotti
L’ancienne moitié des Rich Kidz avec son rap qui fait la part belle à la mélodie, et que certains soupçonnent d’être une source d’inspiration de Young Thug, signe avec Blacc Jon Gotti un premier projet solo qui mérite de détour.
- Écouter Thriller et R.I.P. OG D.

- Chief Keef - Bang 3 (Pt. 1 et 2)
Chief Keef continue a produire dans sa villa californienne, ses tubes fragiles et entêtants et ses ballades bordéliques et expérimentales. Il a enchainé les mixtapes et sorti cet excellent double album qui fait le pont entre ses divers projets. Mais D.Kleinfeld en parle beaucoup mieux que moi.
- Écouter New School.

- Bricc Baby Shitro - Nasty Dealer
Rien que pour sa pochette Nasty Dealer mériterait sa place ici. Son rap maitrisé et versatile, fait feu de tout bois sur des instrumentaux venant pour une part de producteurs réputés d’Atlanta, comme Metro Boomin, mais également de producteurs issus de la scène électro française comme Brodinski ou Sam Tiba (Club Cheval).
- Écouter Alone (Feat. Alia Rose).
- Lire la chronique

- Ty Money - Cinco De Money
Un rap porté sur l’écriture, avec un flow basé sur l’énergie, qui navigue dans les même eaux que Migos ou Young Thug. Soit le meilleur des deux mondes.
- Écouter Over And Over et Just Bars.

- Tory Lanez - Cruel Intentions
La collaboration entre le rappeur/chanteur canadien et les membres du collectif de producteurs electro WEDIDIT (Shlohmo) est une véritable réussite.
- Écouter Acting Like, mais les 5 titres sont indispensables.

- Future - 56 Nights
Cette courte, et géniale, mixtape de Future et Southside, sombre, introspective et inspirée par les mésaventures judiciaire de DJ Esco dans les prisons de Dubai, est la matrice de DS2. Future ne fera rien de moins que de reprendre la formule pour en faire l’album de l’année.
- Écouter 56 Nights.

- Young Thug - Slime Season 2
Depuis la sortie de Barter 6, Young Thug a sorti 2 épisodes de sa série des Slime Season. Si ces deux mixtapes (le volume 3 devrait sortir début 2016) sont de joyeux fourre-tout sans queues ni têtes, ils contiennent de véritables perles. Et le volume 2 contient un nombre de tubes incroyable.
- Écouter Thief in the Night.

- King Louie - Drilluminati 3
Avec ce troisième opus de la série des Drilluminati, le roi des singes se pose une fois encore comme le maître de la Drill scene de Chicago. De la musique brutale et jouissive pour partir en guerre, et, occasionnellement, se prendre une balle dans la tête.
- Écouter Throw Yo Sets Up.

- Gucci mane
Malgré 2 ans d’incarcération, Gucci Mane est toujours, et plus que jamais le roi d’Atlanta. Son influence est partout et il continue d’inonder le marché de ses mixtapes a un rythme ahurissant comme si de rien n’était (King Gucci, Trap House 5, Trapology, The Spot). Loin de n’être que des fonds de tiroirs, nombreux sont les titres à faire partie des morceaux marquants de l’année Bitter, Down On That, Heart Attack, I Wouldn’t Do It. Quand il est en prison, Guwop passerait sont temps à lire et à écrire. Ce serait là qu’il écrirait la plupart des textes, qu’il enregistre ensuite à une fréquence folle une fois dehors.

Les nouvelles quand à sa libération arrivent et se contredisent, espérons qu’il sortira au cours de l’année 2016. #FreeGucci

Et aussi :
- Bloody Jay - Blatlanta 3
- Lil Uzi Vert - Luv Is Rage
- Bukkweat Bill - Trap Demon
- Black Cobain - No Buzz
- Ca$h Out - Kitchens & Choppas 2
- 21 Savage - The Slaughter Tape


Trill / Phonk / Cloud

- Ghostemane - For The Aspirin Occultist
Astral Kreepin
Membre du collectif Schemaposse, Ghostemane, originaire de Floride, produit et rappe depuis son cercueil une musique lugubre, mais vivifiante, inspirée de la Three 6 Mafia et du rap de Memphis, mais également du metal. Une scène dont il est également acteur en participant à 2 groupes : les joyeux Seven Serpents et Nemesis.

Une proximité entre les genres qui semble encore un peu plus poussée dans son dernier titre, Some Of Us May Never See The World, sortie au début janvier 2016.

- Smug Mang – The Coldest Winter Ever / Lo-Fi Smug Hell
Smug Mang a grandi dans une réserve indienne, dont il raconte le quotidien avec son flow de faux Lil Wayne en crise de léthargie après avoir avalé la boite de somnifères. Ses projets se partagent entre cloud rap et phonk. Lo-Fi Smug Hell est une excellente mixtape aux tonalités très "devilish" (avec des prods de Lil Ugly Mane, SpacehostPurrp ou Purpdogg) qui a disparut de son Soundcloud (peut-être ici ?). Elle a également reçu la palme de la plus belle pochette de l’année chez l’ami Jocelyn Anglemort. D’un autre côté, The Coldest Winter Ever est une porte d’entrée peut-être plus évidente avec ses douces ambiances cloud rap, et ses samples de voix féminines.
- Écouter Vental et Bad Mans World.
- Voir une interview.

- Black Kray - Thug Angel / Still Struglin Still Shinnin
2015 a également été l’année de la consécration (du moins underground) pour Black Kray, et avec lui la mise en lumière de Goth Money Records. Si Smug Mang est une sorte de Lil Wayne endormi, Black Kray pourrait bien être un Chief Keef ayant eut une révélation emo sous codéine. Mais tout cela est bien sûr réducteur, et je vous invite à lire ce qu’en dit D.Kleinfeld, qui en parle très bien dans son bilan 2015.
- Écouter 4 U, 3rd ward doves et Let Da Block Cry.
- Voir une interview.

- Ruben Slikk - Kodeen Mutantz
Ruben Slikk est le co-fondateur, avec son frère Lofty305, du collectif artistico-rap Metro Zu, anciennement affilié au Raider Klan. Il est également la moitié des Propr Boyz, soit deux des groupes de rap les plus déglingués de ces dernières années.
En 2015, Slikk s’est malheureusement fait arrêté suite à une sombre histoire de cambriolage de pharmacie, et son Bandcamp est depuis fermé. Se dégotter les enregistrements solo du bonhomme est devenu compliqué. Kodeen Mutantz et sa pochette au collage incroyable, qui a également reçu un prix chez monsieur Anglemort, est en quelque sorte le chant du cygne de Slikk. En attendant des jours meilleurs.
- Écouter Myself.
- Télécharger Kodeen Mutantz.
#FreeSlikk

-  Bobby Raps & Corbin - Coach Potatoes
Corbin, alias Spooky Black dont on avait parlé ici, s’est associé avec son compère Bobby Raps pour ce projet de 7 titres dans lequel le jeune chanteur poursuit son exploration d’un RnB d’inspiration électronique, "based" et vaguement ghotique.
- Écouter Welcome To The Hell Zone et The Depths.


Divers rap

- Kendrick Lamar - To Pimp A Butterfly
To Pimp A Butterfly, avec sa pochette incroyable, est un des disques, tous genre confondu, qui a le plus fait parlé de lui en 2015. Le malin rappeur de Compton, épaulé à la musique par les membres du collectif Brain Feeder, a remis au gout du jour le rap engagé, les prouesses vocales et les rencontres entre rap et jazz.
En plus Obama adore et David Bowie aurait dit, juste avant de mourir, que To Pimp A Butterfly est un des albums qu’il a le plus écouté en 2015, et qu’il aurait grandement influencé Blackstar. Donc...
- Écouter King Kunta.

- A-Wax - Everlasting Money
Une suite un peu bancale mais tout de même très réussie au merveilleux album qu’était Pulling Strings qui avait fait sensation en 2014. A-Wax y perpetue son blues du gangster sur des instrus que l’on pourrait qualifier de cloud trap.
- Écouter Never Saw It.

- Dr. Yen Lo (Ka & Preservation) - Days With Dr. Yen Lo
Avec son titre tiré du nom de l’étrange docteur du film The Manchurian Candidate (mais aussi du livre), le projet de Ka et du producteur Preservation (deux anciens combattants du rap new-yorkais des années 1990) tourne autour du concept du lavage de cerveau. Le flow minimaliste de Ka raconte les rues du Brooklyn de sa jeunesse, et se marie à merveilles avec les instrumentations de Preservations. Presque sans aucunes rythmiques, ces dernières, sombres et inquiétantes, sont bourrées de samples psychédéliques tirés des années 1970.
- Écouter Day 0 et Day 912.
- Lire l’excellent article de PureBakingSoda.

- Vince Staples - Summertime ´06
Épaulé par l’incroyable producteur No I.D. (avec l’aide de Clams Casino et DJ Dahi), cet ancien rappeur du collectif Odd Futur, continue le travail de déconstruction cauchemardesque du fantasme gangsta mis en place par le rap californien, qu’il avait entamé avec Hell Can Wait en 2014.
- Écouter l’album.

- Starlito - I’m Moving to Houston
Le dernier Starlito, hommage à Pimp C et à la scène rap de Houston, est peut-être son opus le plus mélodique et grand public. Starlito a encore une fois parachuté un excellent projet en fin décembre, histoire perturber encore une fois les tops de bon gout.
- Lire cette interview
- Écouter la mixtape.

- Earl Sweatshirt- I Don’t Like Shit, I Don’t Go Outside
Le collectif Odd Futur n’en finit plus de se désintégrer, et c’est tant mieux. Ses éclats partis dans toutes les directions donnent les artistes les plus intéressants du moment. Earl revient en mode introspectif et presque entièrement produit par son alter ego, randomblackdude, et livre cet album court et personnel.
- Écouter l’album.

- Gunplay - Living Legend
C’est le grand oublié de 2015. Peut-être que cela faisait maintenant trop d’années qu’on attendait le premier album de l’incroyable Gunplay, et celui-ci a déçu. Sorti trop tard et trop inégal, avec des concessions pop, il n’est pas parfait. Mais bordel, il s’agit tout de même de Gunplay, sa personnalité, son flow et son énergie hors du commun sont partout sur l’album et les bons morceaux sont légion. Ne serais-ce que pour l’incroyable Dark Dayz, celui-ci mérite sa présence dans ce bilan 2015.
- Écouter Tell ’Em.

- Curren$y - Cathedral
Ce EP gratuit, sorti au mois d’aout en collaboration avec le producteur Chase N Cashe, avec ses samples soul et ses ambiances ensoleillées, est parfait pour faire des tours en voitures toutes vitres baissées, ou pour griller des saucisses entre amis au fond du jardin. Il est toujours très bien affuté pour nous réchauffer en ce terrible mois de janvier.
- Écouter la mixtape.