Accéder directement au contenu

Chico Hamilton - Truth

Dirt Noze, le mardi Janvier 2012

Chico Hamilton est un batteur west coast (Los Angeles) de la génération de Charles Mingus, avec lequel il aurait monté une formation pendant leurs années d’études. Très vite, au cours des 40’s, il joue avec, entres autres, Duke Ellington, Lester Young, Lionel Hampton, Billie Holiday ou Nat King Cole et se fait une réputation de batteur très perceptif, fluide et sensible à tous les ‘moods’ musicaux.

Mais c’est en 1955 que commence sa carrière de leader. Il monte alors un quintet avec une formation très originale pour l’époque : flûte, violoncelle, guitare, contrebasse et batterie. Sa musique est très fortement inspirée par les musiques latines et plus particulièrement brésiliennes, mais il est également tenté par les premiers frémissements du Free Jazz avec ses décalages et ruptures de tons qui viennent perturber les ambiances lascives et chaleureuses de ses compositions. À l’écoute de sa musique on se sent parfois tiraillé entre deux univers, deux émotions différentes. Et l’esprit de Mingus (un Mingus apaisé et solaire) n’est jamais très loin.

Rapidement Chico Hamilton se retrouva bien malgré lui "étiqueté" comme étant le West coast Jazz "personnifié" [1], à une époque où l’on cherchait à opposer artificiellement le son West Coast, qui serait plus "cool", du son East Coast, quand à lui plus moderne et énergique.

Mais le batteur n’adhéra jamais à ces classifications, son son si particulier n’appartenant d’ailleurs à aucune école.

Eric Dolphy (alors au tout début de sa carrière) est venu prêter main forte à plusieurs reprises au quintet de Chico Hamilton. Comme en 1959 pour l’album Truth (également appelé That Hamilton Man), où Dolphy y joue plusieurs instruments et tout au long duquel une ambiance doucement étrange se distille, entre paresses latines et influences orientales.

À écouter également, les albums The Original Ellington Suite, El Chico et The Dealer.

JPEG - 26.5 ko


[1"Selon Chico Hamilton cela était dû à une Jam au ‘Basin street club’ à NY qui unit son groupe avec celui de Max Roach et qui donna lieu à une fausse publicité annonçant le West coast Jazz contre le East coast Jazz…Et bien sûr ,ensuite le terme fut utilisé de manière artificielle dans divers shows pour désigner les styles de Jazz pratiqués sur chaque côte des USA…" http://www.noctamblues.com/article-11606811.html