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Chronique : Dean Blunt Live

Sonic City curated by James Holden - De Kreun (Courtrai - BE) 24 Nov 2014

Pierlo, le mardi Novembre 2014

Un concert de Dean Blunt est une véritable expérience à la mesure de ce que l’on peut éprouver en découvrant cet artiste.

Au commencement on pénètre dans une salle totalement noire, remplie de fumée. Le système diffuse un gros son de pluie qui monte doucement comme un drone. Le public plongé dans cet épais brouillard se met doucement en condition sans savoir ce qui l’attend.
Après de longues minutes, la silhouette de DB apparait théâtralement sous un unique projecteur, le visage mangé par une casquette enfoncée jusqu’aux yeux. On aperçoit dans son dos, au fond de la scène un molosse qui lui sert de body guard, et qui ne le quitte jamais (il apparaît d’ailleurs sur la plupart des photos récentes de DB).

Le set de litanies torturées commence, sur une bande son qui déroule les instrus, un saxophone plein de reverb’ fait son apparition sur scène comme un leitmotiv inquiétant plusieurs fois pendant le concert, puis disparait dans l’épaisse fumée. Joanne Robertson, fait elle aussi son apparition pour reprendre la voix de ses parties de Black Metal et celles de Inga Copeland, et jouer les parties de guitares. DB déambule en long en large de la scène comme une panthère en cage.

Puis vers la fin du concert, l’obscurité et la pluie reviennent… DB nous sort alors brutalement de la torpeur, à coups de stroboscopes incessants face au public, en nous assénant le long morceau noise tiré de Country (sur Black Métal) enchaîné sur le minimal Mersh.

L’expérience est impossible à supporter sans se prémunir de bouchons, les yeux fermés sous ses mains. DB réapparait dans une pénombre rougeoyante, nous inflige les stroboscopes jusqu’au bout pour terminer son set sur le dub Punk. L’obscurité retombe, et la pluie revient en guise de rappel.

On ressort de là ahuri et sonné et se disant que ce mec a la trempe d’un grand, et on pense timidement à l’effet produit par Tricky il y a 15 ans, sans aucun point de comparaison. Un ami que j’ai trainé là, tout aussi sonné conclue : C’est ça la musique de 2030 !

Je salue le bon goût qu’a eu l’excellent James Holden de programmer Dean Blunt dans le festival Sonic City (novembre 2014) dont il était cette année le curateur.