Regard perçant, physique d’écorché vif famélique et mentalement dérangé, Maxon vit à partir des années 80 à San Francisco dans une petite chambre d’hôtel au décor spartiate. Pratiquant le yoga, méditant deux heures par jours sur une planche à clou, l’hurluberlu vivait encore, à l’époque du tournage du film de Zwigoff, d’aide sociale et de mendicité. Ses quelques publications dans les revues Weirdo et Liquidator dans les années 60-70 ne l’ont pas, comme ça a été le cas de Robert, propulsé sur le devant de la scène… Il a pourtant persévéré dans la pratique du dessin et de la peinture. En 1997, l’éditeur Word-Play donnera une seconde chance au cadet des frères Crumb en publiant Maxon’s Poe, une sélection de poèmes d’Edgar Poe illustrés avec grand talent. Egalement écrivain, CityZen Books publiera son roman HardCore Mother en 2001. Ses dessins et sa peinture commencent alors à se vendre, les commandes privées affluent et, bien qu’il n’aie pas voulu quitter sa petite chambre du Windsor Hotel, il n’a plus besoin de mendier aujourd’hui. Son art s’avère beaucoup plus sensible, humaniste que celui de son célèbre frère, particulièrement dans sa vision des femmes. Dans sa peinture peuvent se déceler des influences cubiste et expressionniste par l’emploi de couleurs vives. Au regard du documentaire de Zwigoff, qui montre un Robert Crumb à la fois détaché et cynique, on peut se demander si ce n’est pas Maxon, dont le sens de l’ascèse, la sensibilité et l’humilité ne laissent pas de surprendre, qui n’en sort pas le plus grandi… Quant à Charles, il s’est donné la mort en 1993 par overdose de médicament, après plusieurs tentatives.
foxylounge






Vos commentaires
# Le 2 janvier à 16:23, par DrNoze
En réponse à : Maxon Crumb : le frère méconnu d’un génie
Super documentaire qui m’avait bien marqué quand je l’ai vu. À voir !
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