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Musique

documentaires

Voodoo In New Orleans

Une émission de Black Mirror

Dirt Noze, le samedi Mai 2016

Révoltes d’esclaves, Louisiane, vaudou, et Marie Laveau.

Tous les mercredi soir, MaNu MAKAK anime une émission sur le hip-hop dont de nombreux épisodes prennent le parti d’aborder le sujet par la face historique et sociologique. Ça se passe sur La Locale et l’émission s’appelle Black Mirror.

L’accroche de l’émission, "le Hip-hop, des champs de coton aux ghettos de New York" donne le ton et MaNu n’hésite pas sortir du terrain balisé du rap proprement dit, pour étendre le sujet à toute l’histoire de la musique, voire de la culture, afro-américaine. Car tout est connecté et le rap, même si il a certainement été, d’une certaine manière, une musique de rupture, s’inscrit aussi dans cette tradition afro-américaine. Une histoire faite de souffrance et de luttes, pour une culture née de la rencontre, faite dans la douleur, entre l’Afrique et l’occident.

À ce sujet l’émission Voodoo In New Orleans, quatrième épisode d’une série consacrée à la Nouvelle Orléans est très intéressante. Il y revient sur le commerce et les révoltes d’esclaves, sur l’importance de la culture Vaudou en Louisianne, et sur l’histoire de l’incroyable Marie Laveau.

Cerise sur le gateaux, on y entendra une dédicace à notre article sur les $uicideboy$.

- On peut retrouver tous les épisodes de Black Mirror sur son blog, ou directement sur son compte Mixcloud.

Présentation :

Cette semaine, retour dans la moiteur de la Nouvelle Orléans. Après Congo Square, après les second lines et les blacks indians du mardi-gras, on se penche sur un des aspects les plus sulfureux et intrigants de la culture de Crescent City : le vaudou.

Passé d’Afrique de l’ouest à Saint Domingue dans les bateaux de torture de l’industrie négrière, le vaudou a prospéré dans les communautés d’esclaves de cette colonie française. Chassés par la révolution haïtienne qui a démarré en 1792 après une cérémonie vaudou, les planteurs français arrivent en masse en Louisiane, avec leurs esclaves, au début du XIXéme siècle. D’abord à Congo Square, où l’usage des tambours est autorisé le dimanche, puis en des lieux plus secrets, un vaudou typiquement américain va se développer, fruit du mélange entre les différentes cultures voduns d’Afrique, le catholicisme français, les rites indiens, la nature du sud dégueulasse américain.

Lien entre le corps et l’esprit des choses, entre la vie et la mort, entre le quotidien et le surnaturel, le vaudou est encore une fois une résistance à l’acculturation blanche des esclaves et de leurs descendants. Il perpétue le lien avec la terre-mère à laquelle ils furent arrachés et constitue un pilier du gumbo culturel de la Nouvelle Orléans, sous l’égide inquiétante de la légendaire voodoo queen Marie Laveau, célébrée dans d’innombrables morceaux à travers le temps, tout comme le fameux mojo cher aux bluesmen.

Magie, révolution, musique. Bienvenue !

— MaNu MAKAK, Black Mirror