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Lonnie Holley

le Facteur Cheval afro-américain

Yann, le jeudi Octobre 2014

De Lonnie Holley on pourrait dire comme dans la presse spécialisée qu’il est un "artiste pluridisciplinaire". Mais pour ce bricoleur et musicien, les choses ne se posent certainement pas en ces termes. C’est sans même savoir ce que signifiait le mot "art" que l’homme issue d’une famille de 27 (!) enfants a commencé, à partir de 1979, à construire un monde de formes et de sons. Appelez ça "art" ou même "art contemporain" si vous voulez.

Cette première partie, consacrée à la partie plastique de l’oeuvre de Lonnie, s’appuie largement sur la notice Wikipedia en anglais qui lui est consacrée.

C’est pour une occasion bien particulière, pas très rigolote, que l’homme sculpte ses premières oeuvres : des pierres tombales pour les deux jeunes enfants de sa soeur, morts dans un incendie. Alors qu’un pompier venu éteindre un feu chez lui (décidément, Lonnie et les incendies, c’est une longue histoire : est-ce là un hasard ?) lui demande en voyant les tombes "qui est l’artiste ?", Lonnie prend conscience que lui, l’homme vivant de petits boulots dans l’Alabama, est un artiste. Encouragé dans sa démarche, il va sculpter, assembler, transformer des objets de récupération, faisant de son lieu de vie un environnement, à la manière du Merzbau de Kurt Scwitters ou du Palais Idéal du Facteur Cheval.

En 1981, il va au Birmingham Museum of Art avec des sculptures en grès sous le bras : le directeur Richard Murray les expose immédiatement. Il faut dire ici qu’il y a aux Etats-Unis une véritable tradition de reconnaissance, de conservation et de mise en valeur des "outsider artists", l’équivalent de nos "artistes bruts", qui n’a pas vraiment d’équivalent en France. Henry Darger occupe par exemple une place de choix au American Folk Art Museum à New York. Il intégrera d’autres collections par la suite et sera régulièrement exposé, jusqu’à la rétrospective qui lui est consacrée au Birmingham Museum of Art en 2003, rendant compte de 25 ans d’activité. Les ateliers qu’il anime pour des enfants sont toujours pour lui un moment privilégié.

En 2010 et 2011, c’est une autre facette de son talent qui se révèle avec l’enregistrement d’un disque, Just Before Music (un titre révélateur d’un fantasme de retour à un état d’avant les origines), suivi en 2013 par Keeping a Record of it. Est-il utile de préciser que c’est de toute beauté ?

- Le site personnel de Lonnie Holley
- Un très beau diaporama d’Elijah Gowin